Souvenirs

SOUVENIRS DE TRICOTS

 

 

 

Le tricot, c'est une affaire de famille !

Mon arrière grand-mère qui était née en 1900, était tricoteuse. Comme elle me gardait souvent, elle a joint l'utile à l'agréable et m'a appris à tricoter dès l'age de six ans.

A cette époque le cachemire et l'angora ne se trouvaient pas aussi facilement. Nous, nous avions droit à de la vraie laine, celle qui pique ou qui gratte, suivant nos souvenirs. J'en ai encore la chaire de poule !

Quant aux coloris, c'étaient souvent ceux qui se vendaient le moins bien : il faut bien que quelqu'un les utilise. Ma grand-mère avait traversé les deux guerres, elle avait connu le rationnement. Ces temps difficiles avaient laissé chez elle  une horreur du gaspillage.

Je me souviens de ma grand-mère arrivant avec le dernier pull : quelle « belle » surprise ! On comprend facilement pourquoi nous portions des sous-pulls. Quelques fois, il y avait une fantaisie : des torsades  ou des rayures quand il restait de la laine d'un précédent pull. Je ne vous parle pas des chaussettes et des collants !

Moi, je tricotais les restes de laine pour ma poupée. Même elle, n'aimait pas les porter.

Puis, il y eut ma mère : elle ne tricotait pas, mais... Un jour de bonté magnanime, elle décida de nous faire un pull tube avec une laine verte mouchetée. Oh joie du pull tube des débutantes ! Sur ma sœur qui avait 5 ans passe encore, mais moi, j'en avais 12 ! Un pull tube tricoté par maman, son unique ouvrage pour ses deux amours ! Vous auriez fait quoi ? Moi je l'ai porté !!!! Je ne fus pas une briseuse de rêve mais s'en fut fini du tricot pour quelques années.

Mais, le tricot c'est une affaire de famille  et je ne résista pas si longtemps que cela à l'appel de mes aiguilles.

Les laines avaient évolué, vive les cotons, l'acrylique et la douceur !!! Certes à cette époque, on ne criait pas sur tous les toits que l'on tricotait. Cela donnait plutôt l'image d'une mamie au coin du feu ! Mais, c'était un excellent moyen de ne pas engloutir la tablette de chocolat devant la télévision et c'est toujours valable aujourd'hui !!

Comme le tricot est une affaire de famille, je décidai de tricoter un jacquard pour ma sœur, et comme j'avais encore de tenaces souvenirs je lui laissai choisir la laine et le modèle : ce serait un jacquard avec des oiseaux posés sur une branche.

Alors là, finit le chocolat pour une décennie ! Il y a tricot et TRICOT !

  • Première approche : les laines s'emmêlèrent. Il fallut plus de temps pour les démêler que pour faire un rang.
  • Deuxième approche : demander conseil et apprivoiser cette technique. C'était si simple quand je voyais ma tante (toujours une histoire de famille !) faire et si compliquer quand c'était à moi de le mettre en pratique !
  • Troisième approche : « rester calme ! Ne pas s'énerver ! Détricoter ! De toute façon j'y arriverai, dusses-je y passer ma vie ! »

 Après des mois de travail, le pull fut terminé. Il était magnifique et ce fut une vraie récompense après toutes ces heures de labeur. Ce  premier jacquard, il eut une place privilégiée dans mes souvenirs. Ma sœur l'a porté, ma mère l'a rangé, ensuite dans la naphtaline et 20 ans après, le voilà ressorti. La mode est un éternel recommencement !! Mais emportée par les souvenirs, les oiseaux sont venus se poser sur une jupe !!!

 

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